Dans le grand concert du monde des artistes contemporains, Landucci existe avec force et conviction : en effet, il a construit en vingt -cinq années de pratique, un univers indépendant, hors les écoles, les modes… Pour lui, la peinture est une nécessité, une respiration. Il est à mes yeux un passeur de rêves. Sa peinture bouge, oscille en fonction des lieux et des amitiés qu'il rencontre au gré de ses pérégrinations. Musicien, il transporte aussi son violon, son accordéon, comme un véritable baladin, loin des lieux traditionnels de la diffusion de l'art (théâtres, musées, galeries…).Qu'il s'installe sur une place de marché de village, devant un mur bétonné, et en quelques heures il transforme ces lieux en espaces magiques. J'apprécie aussi son contact direct avec le public qui rend sa pratique artistique plus humaine. Avec lui, l'art est heureux, car il parle au cœur des gens.

Frédéric Altmann

 

En vitesse, et en vrac : naissance à Nice en 1955 de parents italiens immigrés. Enfance dure peut-être, rude à coup sûr, mais heureuse sans doute. Très vite, il veut prouver, aux autres, donc à lui-même. Se coltine déjà avec la vie. Déménageur. Côtoie Picasso mort, lors de l'inventaire de sa succession. Choc de la peinture. Bocage vendéen : terre inconnue et hostile. L'Ecorserie, le Bois Buzin. Apprentissage, peinture, musique, galères. Années difficiles mais essentielles. Et puis Martine toujours là, présente dans son absence même. Les enfants arrivent : le soleil est entré en hiver comme au fond de la nuit. Alors, tout peut arriver. Il commence à montrer son travail, le succès montre son nez. Reconnaissance. Landucci devient enfant du pays, la Vendée ne veut plus le lâcher. C'est à ce moment là qu'il décide de partir, de repartir ver le Sud, pour éviter d'être statufié. Il s'installe à Carros, le village de son enfance. Depuis, il court, anime, peint, écrit, expose, se fait danseur de claquettes, conteur, monte des projets, s'y investit, dort peu et n'importe où, parcourt le monde et montre ses toiles : Paris, Allemagne, Suisse, Italie, New York, mais aussi la Vendée (toujours). Tourbillon qui donne le vertige, énergie vorace : les séries de toiles se succèdent, fresques, décors de théâtre, performances, musiques, violon, accordéon, livres, albums…

Boulimie, démesure, diront certains. En tout cas, une vie pleine à craquer mais qui toujours suit une logique : celle de la passion, du désir incessant de créer, de montrer, de rencontrer.

Philippe Roy